Jolan et ses compagnons ont réussi à rejoindre Manthor. Leur prochaine épreuve consiste à ramener le bouclier de Thor. Le premier obstacle nécessite qu’ils fassent de nouveau équipe. Mais ce sera ensuite chacun pour soit, car un seul peut ramener le bouclier et être désigné comme l’élu…
 
Yves Sente, le nouveau scénariste de Thorgal, continue un intéressant travail de reconstruction de la saga. La particularité de la série période Van Hamne est en effet de fonctionner comme un anti-voyage initiatique, Thorgal aspirant à une vie paisible et tentant par tous les moyens d’effacer son destin hors norme des tablettes divines. Sente reprend le concept à l’envers, ou plus exactement à l’endroit: Jolan est l’élu et doit construire l’avenir exceptionnel qui l’attend.
 
Comme pour mieux appuyer cette différence fondamentale (ou peut être tout simplement par hommage ?), Sente ne se débarrasse pas complètement de Thorgal. Cet anti-héro est même obligé, à contre coeur lui, de repartir à l’aventure. Et puisque l’héritage générationnel semble au coeur de ce traitement, il est aussi partie intégrante de l’intrigue, qui fait intervenir une autre lignée non moins célèbre de l’univers Thorgal : les De Valnor !
 
Vous l’aurez compris, le scénario d’Yves Sente est finement ciselé. C’est peut être l’une des raisons qui expliquent l’engouement évident de Rosinski pour le scénario qu’il illustre. Qui aurait pu imaginé qu’il ne se soit pas lasser du viking après 30 tomes ? Qui aurait imaginé que son talent puisse même encore se bonifier ?
 
Les mauvaises langues auront vite de critiquer une série qui tire autant en longueur. Ils ont bien tort : en dehors de toutes considérations commerciales (même si elles existent), ce 31e Thorgal confirme tout le bien que l’on pensait du duo Sente/Rosinski et qui peut se résumer par ce simple mot : grandiose !