Lemuel Gulliver, simple préposé au courrier dans un journal new-yorkais, se retrouve en pleine mer pour mener l’enquête sur le Triangle des Bermudes. Lors d’une monstrueuse tempête, il se retrouve sur l’île de Lilliput peuplée de petites personnes. Une étrange aventure attend le délivreur de courriers.

Adapter “Les Voyages de Gulliver” c’est en soi une bonne idée, mais jouer la carte de la modernité est un TRES mauvais choix qui rend le film insupportable. Le fait notamment d’introduire des idées modernes chez les Lilliputiens comme la pub, le basket ou la guitar hero m’est assez insupportable. Le film me fait penser à Percy Jackson en moins regrettable cependant. S’il vous plaît: veuillez adapter CORRECTEMENT et avec RESPECT les classiques de la littérature et les mythes! Dans le film, le langage soutenu utilisé par les Lilliputiens est présenté ridiculement comme si les anciennes expressions étaient grotesques. Etant donné que ce peuple vit un peu comme au 19e en Angleterre, cela ne me choque pas du tout. Dommage également de montrer ça aux enfants qui vont croire que parler ainsi “c’est vraiment bête” alors que cela fait partie de l’Histoire.

Gulliver tente de faire changer les coutumes et la culture des Lilliputiens pour les transformer en Américains miniatures. J’ai eu beaucoup de mal avec ce concept qui ne me semble pas très acceptable. De plus, le film est creux et l’ensemble de l’intrigue est prévisible dès le départ. L’humour est très bas (ex: baisser un caleçon, habiller Jack Black en fille, faire la cour sur la musique de Prince…) et aucune émotion ne passe. On retrouve parfois des incohérences comme certaines tenues très modernes de la Princesse Marie (Emily Blunt) qui ne colle pas du tout avec le reste du film.

Jack Black croit vraiment en son rôle et on voit qu’il s’amuse. Il se donne à fond et cela rachète un peu le film. De plus il est drôle, mais la VF ne lui rend certainement pas hommage. A l’inverse d’un Jim Carrey, il n’utilise pas toujours les mêmes expressions et ses scènes plus sérieuses restent convaincantes. Je pense qu’il est fait pour les films pour enfants, mais avec un scénario mieux ficelé, il serait encore meilleur.


Mis à part Gulliver, les autres personnages sont assez insignifiants. La Princesse Marie ne présente aucun intérêt malgré le joli minois de l’actrice. Le Général Edward, méchant de l’histoire, est ridicule et ses enjeux ne volent pas bien haut. Darcy, la responsable du service voyage au journal (Amanda Peet) n’est qu’un prétexte pour ajouter une histoire d’amour au scénario.

Cependant, les effets spéciaux sont bien faits et j’ai été assez surprise par le travail sur l’échelle des tailles. L’ensemble est donc très crédible et plaira à tous les amateurs de miniatures.


Ce qui reste le plus agréable dans le film ce sont les décors et les costumes que j’ai trouvé vraiment grandioses. La réalisation fluide et dynamique de Letterman met en avant la nature et la ville de Lilliput.



CONCLUSION
Les Voyages de Gulliver est un film assez affligeant dont l’intérêt réside uniquement dans l’esthétique visuelle. Pas la peine de s’y intéresser.

Sortie le 23 février