La suite du making of de « Cyclades : Hadès » !

Essen approche mais l’attente est encore longue jusqu’à la sortie de Cyclades : Hadès, du moins aurez-vous désormais le visuel de couverture à contempler. Par ailleurs, Matagot, Bruno Cathala et Ludovic Maublanc ont anticipé la curiosité des joueurs et organisé un making of détaillant un par un les quatre modules de l’extension. Alors qu’Hadès est incontestablement le dieu-star de cette nouvelle boîte, Bruno et Ludovic font partager leur choix et les raisons de cette mise en avant.

 

Making of, module numéro 2 :

 

« Une fois décidés à travailler sur une véritable extension, la première envie qui nous est venue à l’idée a été d’ajouter un nouveau Dieu.

Dès lors, il fallait répondre à trois questions essentielles :

-Quel serait ce nouveau Dieu ?

-À quoi servirait-il ?

-Comment l’incorporer dans le système de jeu de base ?

 

La réponse à la première question est tombée comme une évidence : Hadès, le Dieu des enfers, avait une puissance évocatrice suffisante pour justifier à lui tout seul un travail autour de ses pouvoirs.

 

Et comme lorsque l’on évoque Hadès, on est pas en train de parler de bisounours, il était évident qu’il fallait lui trouver des effets… dévastateurs. Et tant qu’à faire, autant en profiter pour offrir de nouvelles possibilités de mouvements à la frange des joueurs regrettant que le jeu de base soit parfois un peu trop statique à leur goût. C’était décidé, Hadès permettrait de recruter des flottes ET des troupes, et de déplacer des flottes ET des troupes. Le beurre ET l’argent du beurre, en quelque sorte… mais pas la main de la crémière :

D’une part, parce qu’il était hors de question qu’une telle puissance de feu soit accessible en permanence. Il fallait donc trouver une astuce pour ponctuer le jeu de ses apparitions. D’autre part, parce que les flottes et troupes recrutées par Hadès ne sont pas des unités militaires régulières : il s’agit de morts vivants…. Qui disparaissent dans le néant à la fin du tour de jeu. Du coup, dépenser des fortunes pour des opérations militaires ponctuelles, c’est bien et ça peut être très efficace… Au risque de se retrouver fort dépourvu lorsque la fin du tour fût venue !

 

Comme on le voit, la nature même d’Hadès nous a obligé à « timer » ses apparitions. Nous souhaitions qu’il n’apparaisse pas à tous les tours de jeu, et que l’on puisse évaluer si cette apparition était imminente ou pas. Au recto de la tuile Hadès, nous avons donc imaginé une piste numérotée de 0 à 9. Au début de chaque tour de jeu, on lance les deux dés présents dans le jeu (valeur 0-1-1-2-2-3). Et on avance le marqueur de la valeur indiquée par la somme des deux dés. Si le marqueur atteint ou dépasse 9, Hadès entre en jeu, en lieu et place d’un autre Dieu. En moyenne, le résultat des dés est de 3, et Hadès arrive en jeu tous les 3 tours. Selon les parties, il fera son apparition de 2 à 4 fois. Exactement ce que nous souhaitions !

 

Dernière partie de la résolution de l’équation Hadés : quel Dieu remplacer… Au début des tests, le remplacement se faisait de façon aléatoire, et Hadès pouvait se retrouver en n’importe quelle position parmi les 4 premiers Dieux. Tout ceci se passait fort bien sauf que ça nécessitait un paquet de manipulations, et surtout une méthodologie différente en fonction du nombre de joueurs présents (le nombre de Dieux mis en jeu est différent selon le nombre de joueurs). Et lorsqu’est venu le temps de la rédaction des règles, ces méthodologies, toujours réalisées par nos soins lors des tests, se sont révélées plutôt difficiles à décrire. Et nécessitaient plus d’une page à elles seules. Ce n’était ni souhaitable, ni élégant. Nous avons donc décidé d’essayer autre chose : positionner Hadès systématiquement en remplacement du Dieu situé juste avant Apollon. Cette méthodologie avait l’avantage d’être plus simple à expliquer, de toujours fonctionner quel que soit le nombre de joueurs, de conserver des configurations variables d’un tour à l’autre (le dieu remplacé reste aléatoire). Et de plus elle amenait un dilemme supplémentaire : il est généralement plus intéressant de miser sur les tous premiers Dieux afin d’accéder aux pouvoir des créatures mythologiques. Lorsqu’Hadès est en jeu, faut-il poursuivre cette stratégie… ou abandonner les créatures à ses adversaires pour profiter de la puissance des enfers ?