Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé en forme de cœur pour le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Malheureusement, le film a bénéficié de bien trop de publicités et de l’encensement des critiques avant même sa sortie certainement parce qu’il s’agit d’un Scorsese. Cependant, le film est au final bien moyen et j’ai été très déçue.

Comme souvent, le livre est certainement plus profond que son adaptation cinématographique. Seules les 40 dernières minutes sont captivantes. En effet, si Hugo Cabret est un sympathique conte visuellement impeccable, il lui manque une certaine âme et une profondeur. Il y a un décalage entre la naïveté des personnages et le choix des acteurs. Ainsi, si Hugo et Isabelle sont des adolescents, on ressent un ton beaucoup trop enfantin. L’intrigue se focalise trop sur la « petite » aventure (loin d’être palpitante comme je l’ai lu un peu partout…) et pas assez sur le personnage de Méliès et ses inventions.

Le jeune orphelin Hugo est le personnage le plus intéressant après Méliès. L’acteur (vu notamment dans Merlin) est plutôt bon et n’en fait jamais trop. D’ailleurs, il parle peu et laisse passer les émotions à travers regard et gestes.


Chloe Moretz, que l’on m’avait décrite comme exceptionnelle (Kick-Ass), est celle qui surjoue le plus. Fausse, il est difficile de s’attacher à son personnage niais qui se veut pourtant éduqué. Elle ouvre toujours de grands yeux comme une huître et possède deux expressions pendant tout le film.


J’ai été agréablement surprise par Sacha Baron Cohen que je n’apprécie pas du tout et qui livre pourtant une belle performance. Ce chef de gare à l’accent français est à la fois drôle et touchant. Il essaye de séduire la fleuriste de la gare, mais son comportement peu gentleman et son obsession pour les voyous-orphelins l’empêchent de se tourner vers un heureux avenir.


Ben Kingsley est un acteur que j’affectionne particulièrement, mais son rôle n’est pas assez développé. Les failles, troubles et obsessions du personnage ne sont abordés que très légèrement et ses apparitions  ne sont guère porteuses d’émerveillement, de renversements de situations ou de conflits.


Scorsese mélange beaucoup trop d’idées sans vraiment se pencher sur une seule. Le plus intéressant reste bien sûr l’hommage au cinéma qu’il fait ici. J’ai apprécié le message principal qui dit que le cinéma doit faire rêver les gens; qu’il doit les transporter dans un autre univers. On sent que le sujet touche le réalisateur avec ce film, il arrive à rendre un bel hommage à la magie du cinéma. Le reste est survolé et sans intérêt.

L’ambiance générale est particulièrement bien soignée. Il y a tout un travail sur les décors, les différentes atmosphères et les couleurs. La réalisation est léchée et sans accro. L’ensemble est parfaitement maîtrisé et propose un film visuellement abouti.


Scorcese propose un Paris très anglais à la Dickens et non un Paris cliché comme on a l’habitude de le voir dans les films américains. J’ai pensé à Le drôle de Noël de Mr Scrooge. C’est à la fois un conte de Noël et une œuvre steampunk, notamment avec les horloges, le magasin de jouets ou encore l’étrange librairie tenue par un certain Christopher Lee... La présence de l’automate est intelligente et donne matière à rêver, mais si l’objet est d’abord le cœur de l’histoire, l’intrigue se décale ensuite sur l’œuvre et la vie de Méliès. Scorsese réussit de façon peu correcte à relier les deux et on n’y croit pas une seconde.

La musique d’Howard Shore n’est pas trop mal, mais au même titre que l’intrigue, elle est un peu brouillonne. Le générique de fin est très agréable.

CONCLUSION
Hugo Cabret est une œuvre peu intéressante pensant s’adresser aux adultes, mais qui au final n’y arrive pas. Mise à part une esthétique remarque, l’ensemble ne décolle pas. Difficile alors de tenir 2h devant un conte aussi peu séduisant…