Gerry Lane, ancien enquêteur des Nations Unies, habitué aux situations à risque, se lance dans une course contre la montre pour aider le monde à faire face à la propagation d’un virus étrange transformant les humains en morts-vivants. Dans tous les pays, par tous les moyens, chacun devra se battre car l’humanité n’a plus qu’un seul espoir de survie : la guerre.

Un scénario intense

Marc Forster a rendu le film très réaliste et au final, même si nous sommes dans un film d’anticipation, l’intrigue reste très humaniste. Pas étonnant quand on sait que le réalisateur a mis en scène le superbe Neverland ou encore Les cerfs-volants de Kaboul. Plus que les zombies et la fin du monde, on se concentre sur une famille paisible dont le patriarche doit mener une mission pas vraiment tranquille.

L’intrigue est ultra dynamique et dès le début, les scènes d’action s’enchaînent. On respire rarement, mais contrairement aux habituels films de zombies, on n’est jamais dégoûté. Car si World War Z est bien un film de zombies aussi haletant que 28 semaines plus tard, il est beaucoup moins gore. D’ailleurs, il ne l’est pas du tout. On sursaute à une ou deux scènes, mais la violence est souvent hors-cadre. C’est un film nerveux et stressant, mais absolument pas violent et sanglant, et c’est toute l’originalité du film ! Oui, nous sommes définitivement divertis grâce au nombreux rebondissements, mais la violence n’est pas esthétisée. Le réalisateur ne s’appuie pas sur elle pour mettre en avant son propos ni ne l’utilise pour créer le chaos et l’enfer.

Pour une fois, les zombies ne mangent pas les gens : ils attaquent dans le but de propager l’infection. La proie va se retrouver avec une petite morsure au bras ou au cou sans déchiquetage. On retrouve ici la figure du vampire qui souhaite créer d’autres créatures. Ici, le zombie a donc un but : celui de transformer l’humanité en une cohorte d’infectés. Parce qu’il a un but, mais aussi parce qu’il court vite, le zombie de World War Z est inquiétant bien au-delà de son aspect repoussant. De plus, les zombies possèdent une attitude physique différente : ils sautent haut, rampent comme des araignées, claquent des dents… Pleins de petites choses en plus qui mixent différents mouvements animaux.

Les personnages ne sont pas exceptionnels et restent dans les archétypes classiques du genre. Cependant, Mireille Enos et Brad Pitt ont su interpréter justement une mère et un père de famille. Toutes leurs réactions et leurs répliques sont naturelles. On sent une réelle osmose entre les deux acteurs et ça fonctionne. Brad Pitt est juste et n’en fait jamais trop. Il est à la fois touchant et bad-ass. Forster ne le fait jamais parler pour ne rien dire. Chacune de ses actions a un but, motivée principalement par des émotions, ce qui en fait un personnage attachant. Bien sûr, à bientôt 50 ans, Brad Pitt est toujours Brad Pitt et ça c’est à la fois étonnant et plaisant !

On retrouvera cependant quelques passages « à l’américaine » avec une petite référence bien glissée à la Russie ou encore une accusation directe du Mossad qui aurait été au courant avant les autres. Le thème du héros américain qui sauve le monde est lui aussi présent : un seul homme va réussir à libérer la planète de ce virus. C’est certes un peu too much, mais on retrouve ici le thème du super-héros ou encore la façon dont les Américains érigent leur pays en sauveur constant de l’humanité. Cependant, une question reste en suspens et c’est là tout l’intérêt du message du film : Gerry souhaite-t-il à tout prix sauver l’humanité ou juste sa famille ?

Des effets dingues

On comprend facilement les 115 millions de dollars investis dans le film au vu de bon nombre de séquences hallucinantes. On retrouve des séquences de chaos avec les fameux plans aériens comme dans 28 semaines plus tard, où la ville est bombardée pour éradiquer les créatures.

Scènes de chaos en ville, scènes de poursuites, corps à corps, explosions, carambolages… Toutes des scènes dignes d’un film apocalyptique ! Mais il y a des nouveautés comme la séquence dans l’avion qui n’aide pas vraiment les phobiques de ce transport… Une séquence intense, assez stressante !

Mais la meilleure de toutes reste l’attaque de Jérusalem où l’ironie dramatique est travaillée à fond, avec une tension insoutenable. Les plans de ce long passage sont ahurissants et ont dû nécessiter une logistique implacable. L’attroupement de zombies tel une nuée d’araignées ou de vers grouillants restera certainement l’image clef du film.

CONCLUSION

World War Z est un remarquable film d’anticipation-zombies avec une intrigue dynamique et cohérente ainsi qu’une réalisation superbe et intense. Le film donne également envie de lire le livre dont la construction narrative est apparemment différente. Certainement LE film d’action de cet été !


Sortie le 3 juillet 2013.