Pathology débute par le texte du serment d’Hippocrate, en blanc sur fond noir, pour aussitôt enchaîner sur les sales blagues d’une bande de carabins spécialisés en médecine légale. Trois gars et deux filles qui s’éclatent à faire « parler » un couple de cadavres étendus sur le billard devant l’objectif d’un caméscope. « On va tous finir en enfer », s’amuse à dire l’un des toubibs. Pourtant ces errements ne sont rien en comparaison avec les frasques qui vont suivre…

 

Cette sympathique série B, premier long métrage de son réalisateur Marc Schölermann, constitue un peu le pendant américain du diptyque germanique Anatomie (de Stefan Ruzowitsky), dans lequel les héros combattent les exactions d’un groupe de médecins « anti-Hippocrate », une bande de fachos convaincus de leur supériorité sur le vulgum pecus et n’hésitant pas à disposer des patients à des fins d’études barbares ou d’amusement. Ici, le héros, Ted Grey (Milo Ventimiglia, de la série Heroes, avec de faux airs candide de Tobey Maguire), jeune docteur de retour d’une mission pour l’UNICEF, s’acoquine avec une joyeuse confrérie de criminels en blouse blanche. Son parcours est intéressant : au départ bien sous tous rapports, humaniste, frayant avec la bonne société, il découvre au contact de Jake Gallo (le leader des légistes renégats) le frisson procuré par l’accomplissement du mal. Les salopards ont imaginé un jeu macabre auquel Ted va prendre goût, motivé autrement par le sex-appeal de Juliette, la rouquine incendiaire du groupe (Lauren Lee Smith, photo ci-dessus). Gare à l’engrenage et au retour de bâton !

Les 90 minutes de Pathology passent comme un souffle. Non pas que le film soit très original, je me répète, mais il est joliment troussé. La bande de toubibs est détestable à souhait (quoique le temps de présence à l’écran de chacun soit très déséquilibré) et le film est l’occasion de retrouver la comédienne Alyssa Milano, dans un second rôle un peu ingrat de gentille fiancée à qui il va arriver des bricoles. Dans l’une des séquences finales, le corps dénudé de la belle participe à l’érotisme morbide dans lequel le métrage n’hésite pas à tremper. Quant aux nombreuses images d’autopsies, elles sont l’occasion pour l’équipe des SPFX de concocter toute une brochette de beaux cadavres à découper qui nous ramènent de façon troublante, effrayante, à notre matérialité organique. De quoi nous rappeler qu’on finira tous à l’hosto, au sous-sol, bien au frais…


Pathology est sorti en dvd sorti chez Seven 7 le 19 octobre 2010. La bande annonce, en v.o. :