Mais qu’arrive t-il à Omnia ? Cette question beaucoup de fans (à titre d’exemple : Fan 1, Fan 2, Fan 3) du groupe se la sont posés à l’écoute de leur dernier album Musïck and Poëtree. Pour commencer, Omnia invente un nouveau concept : faire un double album quand un seul suffirait pour caser les 12 petits morceaux et leurs 41 minutes. Oui mais voilà, le groupe tenait à scinder son album en deux parties : Musïck et ses 5 morceaux d’une part et Poëtree et ses 7 morceaux d’autre part. A l’époque où la musique se dématérialise à grande vitesse – et Omnia n’échappe pas à cette règle puisque l’on trouve désormais sa musique sur Itunes, Spotify, Amazon.mp3 & Co – ce choix de faire deux disques est très curieux. Surtout que les surprises ne s’arrêtent pas là. Le premier disque Musïck n’a beau contenir que 5 titres, Omnia a trouvé le moyen de caser une énième version de « Fee ra huri », morceau magnifique au demeurant, mais cette nouvelle interprétation n’apporte pas grand-chose. En revanche, j’ai plutôt tendance à trouver les 4 autres morceaux de bonne facture. « Free » est très agréable grâce à sa petite ritournelle à la harpe et « I don’t speak human » est un morceau digne de la tradition musicale d’Omnia.
Sur le deuxième disque, c’est la consternation. Nous oscillons entre reprise improbable de la montagne de Jean Ferrat en néerlandais (« Het Dorp »), reprise ridicule tout court (« Fuck her gently ») ou pas nécessaire (« Lili Marleen »). Heureusement, les autres morceaux sont plutôt agréables.
A l’arrivée, ce nouvel album d’Omnia laisse un étrange goût. Enfin, lorsque je parle d’Omnia, il s’agit surtout du duo formé par Steve et Jenny puisque le groupe a tendance à se résumer à ces deux seules personnes. D’ailleurs nos deux tourtereaux ont une fâcheuse tendance à être trop fusionnelles puisqu’ils signent la plupart des morceaux Stenny (contraction de Steve et Jenny) et on apprend dans le livret qu’ils ne sont pas quittés plus de 6 heures lors des 10 dernières années – nous sommes très heureux pour eux. Je pense que le nombrilisme du couple est en grande partie responsable des écarts artistiques du groupe.
Mais où est passé la magie païenne du groupe, les forces telluriques qui animaient les précédents albums ? Je ne renie pas Omnia pour autant, cela reste un groupe majeur de la scène pagan folk et j’espère qu’ils sauront rectifier le tir lors du prochain opus mais tout ceci laisse présager que les meilleurs albums du groupe sont derrière nous (il suffit de réécouter les 3 bijoux que sont Crone of war, Pagan folk et Alive ! pour s’en convaincre).
 

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