La flûte, cette maudite flûte réapparait dès le prologue… Puis, on retrouve avec un très grand plaisir Aurore (toujours aussi belle et patiente), Nico (petit monstre adorable et avide de sucreries) et Alice (toujours aussi indépendante et indisciplinée). Cette dernière a du mal à se remettre de la mort de sa mère. Il faut dire que leur père est particulièrement inexistant, perdu dans son chagrin et à la recherche du dragon à miel (une charmante bestiole à quatre langues, trois pattes et deux têtes). Alors une fois de plus les trois sœurs vont devoir se serrer les coudes et assurer.
La fête foraine qui s’installe dans la ville du joueur de flûte n’est pas là par hasard. Elle est bien venue pour poser problème aux trois sœurs, car l’heure de la vengeance a sonné : Belladonna la directrice, sorcière malfaisante s’il en est, sœur de Bonnie Bonbon morte dans le tome précédent à cause d’Alice, a décidé d’en finir avec les sœurs Eden.
Comme dans le premier tome, Lyn Gardner nous envoûte dès les premières pages pour nous emmener dans une relecture savoureuse et maîtrisée des contes traditionnels avec même une incursion totalement réussie dans la mythologie. Ici Blanche Neige et les sept nains, le petit chaperon rouge, et vous devriez même rencontrer au hasard d’une page, les professeurs Jacob et Wilhelm (toute ressemblance avec les frères Grimm est bien évidemment…).
La tâche est rude pour Alice et ses sœurs et les choix vont être douloureux pour ne pas perdre ceux qu’elles aiment. Lyn Gardner tisse sa toile patiemment, laissant des indices, des fausses pistes et faisant apparaître personnages et évènements au bon moment.
Un deuxième tome tout aussi réussi que le premier, sinon davantage, car peut-être mieux maîtrisé, plus mature comme ses héroïnes qui grandissent. Alors, vous devriez adopter la devise des sœurs Eden : « Nous trois seules. Nous trois ensemble. Pour toujours et à jamais ».

Un charme fou, un régal de lecture, pourvu qu’il y en ait d’autres.

 

 

 

Pour ceux qui auraient manqué le tome I : Les-soeurs-Eden-et-le-maitre-des-Loups