Parmi tous les marchands de Londres, Ebenezer Scrooge est connu comme l’un des plus riches et des plus avares. Ce vieillard solitaire et insensible vit dans l’obsession de ses livres de comptes. Ni la mort de son associé Marley, ni la pauvre condition de son employé, Bob Cratchit, n’ont jamais réussi à l’émouvoir. De tous les jours de l’année, celui que Scrooge déteste le plus est Noël. L’idée de répandre joie et cadeaux va définitivement à l’encontre de tous ses principes ! Pourtant, cette année, Scrooge va vivre un Noël qu’il ne sera pas près d’oublier…Tout commence la veille de Noël, lorsqu’en rentrant chez lui, Scrooge a d’étranges hallucinations. Le spectre de son ancien associé lui rend la plus effrayante des visites et lui en annonce d’autres, aussi magiques que troublantes. Scrooge va recevoir la visite de trois esprits qui vont tenter de le faire changer. Trois esprits bien décidés à secouer Ebenezer…

Pour commencer, disons-le franchement, Le drôle de Noël de Scrooge est un véritable conte de Noël qui ravira aussi bien les grands que les petits. Attention cependant pour les petits, il me semble que le dessin animé n’est pas approprié pour les enfants au-dessous de 8 ans. En effet, Disney ne nous a pas habitué à ce genre d’histoires. Celle-ci est sombre parfois glauque et pas vraiment drôle. Certains passages sont assez effrayants.

L’histoire

La séquence d’introduction (jusqu’à l’arrivée de Scrooge dans son manoir) est d’une grande perfection aussi bien scénaristiquement que visuellement. On découvre la ville de Londres et les préparatifs de Noël. L’impression d’être sur place est là!

Scrooge est un vieillard avare et mauvais en tous points. Il déteste les fêtes de Noël et la joie qu’elles apportent dans la ville. Le vieil homme reçoit d’abord la visite de l’esprit des Noëls passés qui l’entraîne de son enfance à l’âge adulte.


On découvre alors les peines de Scrooge enfouies au plus profond de lui. C’est le meilleur passage du film, car les informations lancées sont faciles à comprendre et le puzzle se forme tout seul. Dommage que la voix de l’esprit soit si maniérée.

Vient ensuite l’esprit du Noël présent incarné par le Père Noël qui ressemble plus à un dieu grec qu’autre chose (rien de gênant là-dedans).



Scrooge se voit alors tel qu’il est actuellement. Il se rend également compte que les gens le plaignent plus qu’ils ne le dénigrent. Cette pitié lui fait mal. Certaines paroles de l’esprit sont beaucoup trop énigmatiques et philosophiques. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à m’ennuyer un peu. La disparition de l’esprit des Noëls présents est complètement inattendue et c’est ce passage qui est effrayant. C’est vraiment glauque et on sent très bien ce qui va se passer ensuite.

C’est l’esprit des Noëls futurs qui termine le voyage, personnifié par la Faucheuse elle-même.



C’est la mort qui attend Scrooge s’il ne change pas de comportement et s’il ne fait pas plus attention aux personnes qui l’entourent eux aussi vont souffrir. C’est le passage sombre du film avec une lumière très noire et des séquences peu réjouissantes. J’ai été surprise de voir Disney accepter ce genre de scènes. C’est donc assez plaisant de voir que la réalité des choses est montrée aux enfants.

Le seul souci de cette intrigue c’est que tout s’enchaîne trop vite. Pas de pauses entre chaque apparition et on n’a vraiment pas le temps de respirer. Il manque des passages où Scrooge comprend peu à peu ses erreurs. Du coup, lorsqu’il devient aimable, gai et généreux, c’est trop peu expliqué et surtout bien facile. La transformation se fait certes dans sa tête, mais le spectateur n’y ait pas et il aurait fallu l’expliciter par des mots. Cependant, la fin est admirable et remplit bien son rôle d’ambiance de Noël.

La performance (et le mot est faible!) de Jim Carrey est vraiment à souligner. On a l’impression d’être face à un véritable vieillard grâce à sa façon de marcher notamment, toujours courbé et tremblant. Cependant, l’acteur en fait trop au niveau de la voix et parfois Carrey passe en premier plan. En résumé, l’acteur prend trop de place par rapport au personnage lui-même.

Les thèmes abordés sont importants (l’entre-aide, la générosité, le don, le partage), mais peut-être pas assez bien développés. Le côté aventure à tendance à prendre le pas sur les messages véhiculés. Il faut quand même dire que les valeurs véhiculées par Noël sont complètement abordées et mises en avant.

L’animation

Si je ne devais noter que l’animation, je mettrais à ce film un 5/5. Que dire devant tant de beauté et de perfection? Zemeckis avait déjà fait ses preuves avec Le Pôle Express qui possédait cependant quelques petits défauts (notamment au niveau de l’animation des personnages), mais ici tout est nickel. Les personnages sont complètement réalistes grâce à la motion-capture et les décors sont grandioses. A noter aussi les costumes typiques du Londres victorien.


Le travail sur la lumière est phénoménal: on passe d’une ambiance magique et féerique à une atmosphère froide et frissonnante très inspirée de celle de Burton.


Les mouvements de caméra sont fluides et gracieux et la ville en elle-même est vivante. L’ensemble nous immerge dans un univers passé dont on sait qu’il a réellement existé. On se plaît pourtant à croire qu’il existe encore peut-être quelque part tellement l’ambiance est magique.

CONCLUSION
Le drôle de Noël de Scrooge est un petit bijou visuel qui manque cependant d’un peu de profondeur scénaristique. Le film vaut le coup d’être vu et mérite certainement quelques prix ,au moins pour le travail effectué sur l’animation.