Avez-vous déjà eu l’occasion de vendre votre âme au Diable ? Alors, écoutez ce contre avant de tenter l’aventure…

 

 

 

 

 

Une vielle histoire, issue de la première guerre mondiale, dont Charles Ferdinand Ramuz va, en s’inspirant du conte russe Le Déserteur et le Diable, tirer une histoire forte et cruelle mise en musique par un compositeur de génie ; Igor Stravinsky.
L’histoire nous entraine à la suite de ce jeune soldat qui rentre chez lui pour quelques jours de permission. Pour toute richesse, celui-ci ne possède qu’un violon, cet instrument magique dont on dit qu’il a une âme. En chemin il rencontre un vieil homme mystérieux qui va tout faire pour séduire le jeune homme et le convaincre de lui donner son violon en échange d’un livre mystérieux et d’une promesse de festin qui vont le détourner de son chemin et de sa destinations première : rejoindre sa mère et sa fiancée. Quand il veut les rejoindre, trop tard, tout a basculé. Alors le ton monte et le vieil homme dévoile sa nature diabolique mettant le soldat au garde à vous, à sa solde, le transformant en marionnette. Le pauvre garçon n’ a plus qu’à profiter de son pacte avec le diable et de ses immenses richesses. Mais que faire de tant de richesses, sans amis, sans ceux qu’il a aimé. Il finit par y renoncer et tenter de repartir de rien. Mais le diable ne l’entend pas ainsi et s’ensuit une lutte sans merci pour savoir qui des deux l’emportera, Joseph récupérera-t-il son violon, trouvera-t-il l’amour, sera-t-il finalement plus fort que le diable ?

Une histoire aux multiples entrées : on est happé par le voix de Denis Lavant qui nous fait frémir et nous entraine à la suite de Joseph, du diable et de la princesse avec maestria. Sa voix nous emporte sur et dans l’histoire, elle même superbement portée et magnifiée par la musique de Stravinsky envoutante, difficile, magique formidablement interprétée par l’Orchestre de la Garde Républicaine. Et enfin les illustrations de Nathalie Novi qui s’est surpassée ici et nous entraine dans cet univers chatoyant de couleurs qu’on lui connaît avec ici des accents à la Chagall comme cette double page somptueuse des chevaux.
Le tout bénéficie d’une mise en page formidable, avec au fil des pages, les grands thèmes abordés par le récitant et des explications sur les idées abordées, sur leur évolution, leur origine et à la fin la présentation de cette histoire, des deux auteurs principaux et de l’orchestre de la garde républicaine.

Un livre-disque magique à écouter et écouter encore pour en savourer toutes les subtilités. Magnifique !