Vingt-cinq années après que l’armée de l’empereur Adrian ait été mystérieusement décimée au jour de sa dernière grande bataille, une pluie de météorites s’abat sur le monde d’Elamia. Haldric, jeune moinillon, va découvrir avec d’autres membres de sa communauté un étrange monstre dans un des cratères creusés par la pluie de pierres. Un quinquagénaire amnésique, atteint d’étranges visions, est sauvé in extremis de la curée populaire par un marchand. Il se choisit comme nom Kordac qui veut dire à la fois étranger et fou car il a repris conscience dans le quartier réservé aux fous et aux prisonniers. Enfin, Iriane, une jeune guerrière, s’apprête à partir pour une importante mission. En face, un mage assassiné par Adrian lève une armée en Galameh, le royaume des morts, pour envahir Elamia.
 
Si l’intrigue est assez classique et reprend les codes de la fantasy, Erik Wietzel bâti des personnages attachants et à la personnalité complexe qu’il sait relier par d’habiles procédés. Il n’est pas non plus avare de personnages secondaires qui donnent chaleur et consistance à l’univers d’Elamia. Les paysages décrits sont originaux pour de la fantasy, rendus avec soin et cohérence. Erik Wietzel se veut réellement bâtisseur de mondes et on sent la rigueur derrière l’aspect fantastique avec, par exemple, la magie qui est usée de façon très différente d’un peuple à l’autre et qui reste, de toute manière assez difficile dans sa mise en œuvre sans pour autant accorder une toute puissance à celui qui sait la manier. Ainsi l’équilibre de pouvoir entre les différents personnages est-il plutôt bien respecté et, si ceux-ci se distinguent du commun des mortels, c’est plus par leur personnalité et leur mental que par leurs pouvoirs et talents. La part belle est faîte aux femmes nombreuses et aux personnalités variées, permettant aux lectrices de vraiment se prendre au jeu. Enfin, fait original, l’auteur se place également du côté des « méchants » pour exposer leurs motivations, leurs buts, et par là même montrer qu’il ne faut pas avoir une lecture trop manichéenne du récit.
 
De la fantasy correspondant aux canons du genre donc, mais avec une réelle intelligence dans la conception des personnages, la proportion entre personnages féminins et masculins, et une grande originalité dans les paysages et dans la considération des deux camps en présence. A découvrir absolument !