Une maladie s’est rapidement propagée parmi la population, conduisant à des mesures extrêmes. Les malades sont mis en quarantaine sur une île fortement gardée et qui n’est accessible qu’aux humanitaires. Face à un despote qui semble clairement profiter de la situation pour asseoir son pouvoir, qui osera se révolter ?
 
A.Doll.a est la troisième série à paraître dans la collection Graphic Novel des Humanoïdes Associés, après le récent (et très bon) Alter. En raison du format de la collection, elle partage naturellement avec ce dernier quelques points communs. La pagination permet par exemple à la scénariste de bien poser son sujet, tout en ayant le temps de faire avancer l’intrigue dès le premier tome. Le résultat, qui change notablement du format habituel du franco-belge, est de ce côté très convaincant.
 
A.Doll.a prend toutefois largement plus son temps qu’Alter. Son rythme décompressé la rend en un sens plus proche du manga. Ce style, initialement revendiqué par la collection, est aussi renforcé par certains choix graphiques, comme la bouche des personnages et surtout leurs yeux, qui occupent d’ailleurs une place particulière dans l’intrigue de la série.
 
Le résultat est que ce premier tome n’est pas très dense pour une BD franco-belge de cette pagination, sans pour autant profiter des détails d’une narration à la japonaise – pour tout dire, même le remake de Romeo et Juliette pourtant promis dans le résumé est pour l’instant à peine esquissé. Les thématiques abordées et les enjeux sont à la fois peu nombreux et peu approfondis, et la série étonnamment légère malgré la gravité des sujets abordés.
 
Or bien que ce ne soit pas un défaut en soit, cela ressent dans un traitement lui-même très léger et souvent trop facile et qui conduit à des raccourcis peu crédibles. La position du despote locale face à la maladie, pourtant évidente dès le début pour le lecteur, prend par exemple de cours l’un des personnages de la BD, pliant ainsi ce sujet en une unique scène complètement surréaliste !
 
A.Doll.a souffre finalement du syndrome de Noël : ce premier tome n’est pas si mauvais, mais malgré un format sympathique il ne se démarque pas assez d’une production surabondante. Le second volet apportera peut être, une fois l’indigestion de fin d’année passée, un regard neuf sur la série.