Alors qu’il mène sa vie sans histoire d’animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d’identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu’on vous demande, c’est de vous fondre dans la masse? Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l’Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu’il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s’improvise shérif et n’a d’autre choix que d’assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu’il se contentait jusque-là d’imiter ?

Voilà un bien étrange film que nous propose le réalisateur de Pirates des Caraïbes. Après les Pirates, place au cow-boy dans ce film d’animation plutôt destiné aux adultes remettant en avant les codes du western.

Rango est un caméléon de compagnie projeté dans le grand West américain. Pour se faire accepter dans la ville étrange de Poussière, il s’invente une histoire d’intrépide cow-boy. Les villageois pensent alors que Rango va enfin sauver la ville et découvrir pourquoi l’eau vient à manquer. Doublé par Johnny Depp, notre caméléon est un brin parano, un brin dérangé, un brin lunatique; un anti-héros parfait comme le joue souvent l’acteur qui le double.

On ne sait jamais vraiment si le film est sérieux ou pas. L’ambiance générale est plutôt grave: les habitants de Poussière vont bientôt être à court d’eau et Rango va découvrir que le maire est derrière cette terrible situation. D’un autre côté, Rango fait toujours l’andouille et les caricatures de l’ouest sont bien présentes à travers des animaux particuliers (comme la taupe, le porc-épic, le lézard des sables ou encore le varan). L’une des meilleures scènes est celle où Rango fait son arrivée au saloon et commande un jus de cactus. Il s’invente alors un passé de justicier devant une foule ébahie.

Le film met en parallèle la conquête de l’Ouest et la conquête de soi. Petit à petit, Rango, en croyant à son histoire de justicier, va en devenir un lui-même et ainsi prouver qu’on peut devenir quelqu’un. D’importants thèmes et valeurs sont traités pouvant parler aux enfants, mais le traitement de l’histoire m’a semblé s’adresser d’abord aux adultes. L’univers créé par Verbinsky n’est pas facile à aborder quand on n’a aucune référence de westerns classiques (notamment les Sergio Leone ou Clint Eastwood). Ainsi, je pense qu’un enfant ne peut ni suivre ni apprécier à sa juste valeur ce dessin animé.

L’animation est sublime notamment celle des personnages. Le réalisateur et son équipe ont réalisé de véritables recherches sur les animaux du désert pour mixer leurs caractéristiques animales avec un caractère humain typique d’un western. Tout est soigneusement travaillé: les peaux (calleuses, vérolées, lisses, trouées…), les vêtements (les bandits, le maire, les villageois, les crados du coin), les démarches et attitudes (crachats, vocabulaire fleuri, tics faciaux ou de langage). L’animation animale atteint une dimension rarement observée jusqu’alors. À l’inverse d’un Kung-Fu Panda, les animaux sont très réalistes et se confondent parfois avec les humains.

Certes, Verbinsky aurait pu faire ce film avec de vrais acteurs ou un film d’animation avec des humains, mais mettre en scène ces animaux (jamais mis en avant dans l’animation) est un choix très judicieux qui sert parfaitement son propos. Le maire par exemple, une tortue, est présentée comme un odieux personnage, avide de pouvoir et de richesse. Tout l’inverse de ce qu’on pourrait s’imaginer d’une tortue (voir par exemple Nemo ou L’incroyable voyage de Samy)! Choisir un caméléon comme protagoniste est également risqué, car ce n’est pas forcément un animal des plus élégants. Cependant, il supporte bien l’idée qu’on peut évoluer même si l’on ne se sent « rien » au départ. Certes, les caméléons ne sont pas élégants ni vraiment connus des hommes, mais leur technique pour se protéger fascine pourtant bien du monde!

CONCLUSION

Rango est un film d’animation étrange resserrant un peu plus les liens entre films live et films animés. Parfois, je me suis demandée si je regardais bien de l’animation ou un western! J’ai été surprise par la qualité visuelle du film qui vous transporte dans l’Ouest sauvage et poussiéreux.

Caractéristiques DVD

Édition : Keep Case, PAL, Tous publics
Région : Région 2
Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Flamand Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1, Néerlandais Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9, Film en Couleurs
Sous-titre : Anglais, Flamand, Français, Néerlandais

Contenu :

Commentaire audio de Gore Verbinski, James Ward Byrkit, Mark « Crash » McCreery (dir. art.), Hal Hickel (dir. anim.) et Tim Alexander (effets spéciaux) (VOST)
10 scènes coupées dont une fin inédite (8’27″ – VOST) Si vous choisissez version longue, les 10 scènes y sont déjà.
« Les créatures de poussière » : reportage sur les véritables animaux ayant inspiré les personnages du film (22’16″ – VOST) Sympa, mais pour le coup plutôt pour les enfants.
Bande-annonce (2’27″ – VOST)