Quand un groupe se sépare, généralement, c’est pour de bon, mais ce n’était pas le destin de Nervosa : portée par la guitariste brésilienne Priscila « Prika » Amaral, la formation de thrash metal éclatée en 2019 renaît de ses cendres avec l’arrivée de trois recrues à la forte personnalité : la Grecque Eleni Nota à la batterie, l’Italienne Mia Winter Wallace à la basse et l’Espagnole Diva Satanica au chant. Le nouvel album Perpetual Chaos sort ce mois de janvier. Rencontre avec Mia, égérie platine du black metal, et avec Diva, par ailleurs voix du groupe madrilène Bloodhunter et révélation « death » de La Voz, version ibérique de l’émission The Voice, en 2017.

Khimaira : Dès que l’album débute, on a l’impression que vous êtes entrées en studio comme d’autres s’en vont en guerre…

Diva Satanica : (Rires) Merci beaucoup ! C’était en effet notre état d’esprit, surtout dans ce contexte de pandémie où tout le monde a le moral à zéro. On avait envie de laisser libre cours à nos sentiments, de les exprimer de toutes les manières possibles et sans barrière aucune.

Et pour toi, Diva, cela passe par le chant guttural. Te souviens-tu de tes débuts dans ce style vocal ?

Diva : J’ai commencé par m’essayer à la guitare, sans trop de succès, alors je me suis lancée dans l’apprentissage du chant — je parle ici de chant clair, mélodique —, mais rien de ce que j’arrivais à faire ne me contentait ! Alors j’ai cherché à me tourner vers tout autre chose… La première fois que je suis tombée sur du metal extrême, je me suis demandée ce que j’entendais, ça m’a même filé les jetons. Mais en persévérant dans l’écoute, je me suis surprise à vouloir en connaître de plus en plus. Évidemment, mes premiers essais n’étaient pas très concluants : la pratique du chant guttural exige beaucoup de technique et de méthode, je n’avais ni l’une ni l’autre et je ne connaissais personne pour me guider. Mais j’ai fini par y arriver à force d’exercices, de visionnage de tutos sur YouTube et même de leçons de chant « classiques », qui sont quoiqu’il en soit bénéfiques, quel que soit le style de qu’on veut pratiquer.

As-tu besoin d’un temps de préparation avant de chanter ? Je veux dire, on n’est pas forcément d’humeur à exploser de rage comme tu le fais à la seconde où on attrape le micro…

Diva : Bien sûr, quand on ressent du vague à l’âme ou simplement quand on a passé une journée un peu crevante, ça joue sur l’intensité de la voix, mais il faut quand même assurer en se montrant dans les meilleures dispositions. Alors, oui, ça peut me prendre quelques minutes, pendant que j’échauffe ma voix, pour me plonger dans le bon état d’esprit et faire surgir les émotions indispensables pour tenir à la fois la scène et le micro.

Quant à toi, Mia, te souviens-tu du jour où pour la première fois tu as posé tes mains sur une basse ?

Mia Wallace : Je m’en souviens parfaitement, c’était en 1994 : mon copain était bassiste dans un groupe. Je l’accompagnais aux répétitions et quand il jouait je le regardais avec une folle envie, je voulais moi aussi devenir musicienne. C’est ainsi qu’il est devenu mon prof ! Et en 1995 j’ai intégré mon premier groupe : à l’époque c’était les débuts du black metal venu de Norvège, et il y avait peu de gens qui faisaient ce genre de musique en Italie. Alors, toujours avec mon copain, on s’est lancés : il a trouvé un batteur et on a créé notre propre groupe de black metal avec cette formation — guitare, basse et batterie, avec mon fiancé au chant. Le groupe a duré 21 ans [The True Endless ; le groupe a enregistré sept albums et s’est arrêté à la mort du chanteur Marco, décédé d’un cancer en 2017 — NdR].

Le choix de ton nom d’artiste me fait penser que tu es très fan d’Uma Thurman…

Mia : (Rires) J’ai choisi ce nom presque par hasard. Quand les réseaux sociaux sont apparus, je m’y suis inscrite assez rapidement. Il fallait choisir un pseudo alors comme j’étais une admiratrice déchaînée des films de Quentin Tarantino, et comme j’aimais beaucoup le personnage joué par Uma Thurman dans Pulp Fiction, j’ai opté pour « Mia Wallace ». Après, je l’ai un peu modifié en le transformant en Mia Winter Wallace. Avec cette touche hivernale, ça donnait un pseudo un peu plus black metal, mais en fait ça n’avait rien à voir : il se trouve que ma meilleure amie, que je connais depuis très longtemps et considère presque comme ma sœur, n’est autre que la sœur, véritable, de Demonaz, le guitariste du groupe norvégien Immortal. Et son nom de famille, c’est Winther. Alors en l’honneur de notre amitié, j’ai intégré son patronyme à mon pseudo, juste en supprimant le H.

Et toi, Diva, d’où as-tu tiré ton nom de scène ? Je dois dire qu’il en jette et je trouverais même super cool d’avoir une voisine avec un nom pareil sur sa porte !

Diva : (Rires) C’est vrai que ce ne serait pas banal ! Quand j’ai débuté dans le metal avec mon groupe Bloodhunter, j’ai vu que de nombreux musiciens dans le milieu portaient des sobriquets ou des pseudonymes et que ce serait opportun d’en choisir un pour moi-même. Quelque chose de puissant, tu vois, d’évocateur… J’ai passé en revue plein de noms de démons pour me rendre compte qu’ils étaient tous pris ! Je me suis alors plongée dans ma collection de CD et il se trouve que j’aime énormément les premiers albums d’Arch Enemy, à l’époque où Johan Liiva était le chanteur du groupe. Et il y a cette chanson, « Diva Satanica » [dans l’album Stigmata, 1998 — NdR] : à la lecture des paroles, je me suis dit que ce portrait correspondait pile au personnage que j’avais envie d’incarner sur scène.

On voit du sang et des sorcières dans le clip Guided By Evil, toute une imagerie macabre… Quelque chose me dit que vous devez aimer les films d’horreur. Ceux de l’âge d’or du cinéma de genre italien, par exemple, dans les années 1960-1970…

Mia : Oui, je me suis toujours sentie attirée par le cinéma d’horreur et tout particulièrement par les films auxquels tu fais référence. C’est une période du cinéma italien que je préfère largement à tout ce qui a pu être tourné par la suite dans le pays. Les titres qui m’ont le plus marquée, ce sont par exemple La Maison aux fenêtres qui rient [de Pupi Avati — NdR], Profondo rosso de Dario Argento… en fait, à peu près tout ce qu’a tourné Dario Argento, jusqu’aux années 1990 : passé cette période, je trouve qu’il s’est mis à dérailler dans le kitch ! J’ai bien connu sa fille Asia, d’ailleurs, nous avons été très copines il y a quelques années. Elle a connu ensuite pas mal d’embrouilles dans sa vie, on s’est un peu perdues de vue. Asia, pour moi, c’est un personnage vraiment très, très particulier — avec un papa comme le sien, il ne pouvait pas en être autrement !

Diva : J’aime aussi beaucoup le cinéma d’horreur. Les premiers films du genre que tu regardes te pétrifient dans ton siège et, finalement, c’est comme ce que je disais tout de suite au sujet du metal extrême : passé le choc de la découverte, tu te surprends à aimer et à en vouloir de plus en plus ! Cela dit, je ne suis pas non plus une spécialiste pointue, je n’en ai pas visionné des centaines, mais ce que j’apprécie, c’est qu’ils proposent une expérience émotionnelle intense en te donnant l’impression de faire toi-même partie du film.

Revenons à la musique : est-ce que vous connaissiez bien Nervosa avant d’en devenir la bassiste et la chanteuse ?

Mia : Oui, bien sûr, étant donné que je baigne dans l’univers du metal depuis 25 ans. Un groupe entièrement féminin, qui plus est venant du Brésil — un pays où on a le sang chaud ! —, ça m’a tout de suite frappée. Des filles qui ont réussi en peu de temps à se faire un nom, et c’est un succès mérité : sur scène, à la seconde où débute le concert, c’est un déferlement d’énergie, sans fioritures, de la musique jouée avec les tripes ! Ça m’a beaucoup déçue d’apprendre que Nervosa se séparait et de voir s’éteindre cette rage féminine… D’où ma joie quand Prika m’a contactée pour me proposer de relancer le groupe et de devenir la nouvelle bassiste.

Diva : J’ai vu Nervosa plusieurs fois en concert, ça fait longtemps que je suis fan. Du coup, c’est un immense honneur d’en être devenue la chanteuse, un honneur doublé d’une grande responsabilité : Nervosa, ce n’est pas un groupe anodin, c’est une formation qui a plein de succès à son actif et il faut se montrer à la hauteur de sa réputation.

Et est-ce que vous vous connaissiez les unes les autres avant d’intégrer le groupe ?

Mia : Non, je n’avais jamais rencontré aucune des trois auparavant. Je savais que Diva faisait partie de Bloodhunter, que je ne connaissais pas très bien, je dois avouer. Idem pour Eleni, qui a été batteuse dans des groupes dont je n’ai pas écouté la musique. Prika leur a fait passer à chacune des auditions et quand j’ai vu les vidéos, je suis restée sans voix, c’est tout juste si ma mâchoire ne s’est pas décrochée ! Elles sont l’une et l’autres monstrueuses, dans le bon sens du terme bien sûr. De vraies machines !

Diva : (Rires) Oui, Eleni, c’est une extraterrestre, sans aucun doute ! Elle est toute petite, toute menue, et pourtant elle martèle les fûts de batterie avec une force et à une vitesse incroyables ! Elle peut presque tout jouer. Et humainement, c’est un trésor avec un cœur gros comme ça. Quant à Mia, je la connaissais de réputation : elle a déjà une grande carrière derrière elle sur la scène black metal, elle a joué avec des groupes emblématiques, Abbath par exemple.

Et si vous choisissiez, mettons, deux adjectifs pour décrire la personnalité de chacune d’entre vous…

Diva : Mia, c’est un phénix, je sais qu’elle a traversé des périodes éprouvantes dans sa vie. Elle a su les surmonter et je l’admire pour ça. Eleni est très humble et douce, c’est une des personnes les plus gentilles que je connaisse. Et enfin, Prika, c’est une guerrière, elle n’a rien lâché avec Nervosa, elle a porté le groupe à bout de bras pour en faire ce qu’il est aujourd’hui… Quand les anciennes musiciennes sont parties, il a fallu trouver des remplaçantes, ce n’était pas facile, et elle a réussi en à peine quelques mois. Et à côté de ça, c’est quelqu’un de toujours très joyeux, qui ne se départit jamais de son sourire.

Mia : Je dirais que Prika est aussi quelqu’un de très empathique, elle a bon cœur. C’est une personne honnête, et je peux en dire autant de Diva et Eleni. J’ai vraiment découvert dans ce groupe des filles honnêtes, sincères… On se comprend toutes les quatre de façon instinctive, on a tout de suite été très liées.

Une fois réunies, est-ce qu’il a été facile de trouver des thèmes ou des valeurs communes à défendre dans les chansons ?

Mia : Les valeurs que nous défendons et que nous partageons, disons que ce sont des valeurs universelles… Les paroles découlent de réactions de colère que nous quatre, chacune de son côté, avons pu éprouver dans la vie en affrontant des situations désagréables. D’où l’énergie puissante qui émane de chaque morceau.

Le premier titre de l’album, par exemple, « Venomous » : on y entend une bordée d’injures très violentes lancées à quelqu’un dont le nom n’est pas précisé. Qui donc est la cible de ces paroles ?

Diva : Cette chanson, c’est un peu comme un torrent qui permet de se débarrasser, de se vider de toute une somme de sentiments négatifs. Une sorte de catharsis.

Mia : On en revient à ce que je disais à l’instant. Après avoir lu ces paroles, j’ai déclaré à Prika que des insultes pareilles, je les réserverais en particulier à une personne qui s’est avérée extrêmement négative pour ma propre existence et que, par bonheur, j’ai réussi à effacer complètement de ma vie, musicale comme personnelle. Quelqu’un qui m’a emprisonnée dans une relation si toxique que je ne la souhaiterais à personne, faite d’abus psychologiques poussés à un niveau intolérable, si bien qu‘un jour j’ai dû me résoudre à suivre une thérapie pour m’aider à surmonter le quotidien. J’ai donc dit à Prika que j’aurais pu écrire un texte pareil en repensant à tout ça. D’où la portée de ces paroles, qui ne visent pas un individu et un seul mais quiconque dont la compagnie peut s’avérer affreusement néfaste.

Quand vous vous mettez en rogne, quelle est votre insulte préférée ? Ou bien votre juron préféré ?

Diva : Une injure ? « Scum ! » [« sale pourriture ! » — Ndr]. Une de mes préférées.

Mia : C’est vrai que nous autres Italiens sommes bien connus pour nos jurons ! Malgré tout, je ne suis pas quelqu’un qui en profère tant que ça… quoiqu’Eleni m’a fait remarquer, quand nous enregistrions l’album, que j’ai tendance à laisser échapper « porca troia ! » (rires) [« bordel de merde ! », ou « tabarnak ! » pour nos visiteurs québécois — NdR] ! C’est le juron qui me vient naturellement quand un truc m’embête. Et du coup, ce sont les premiers mots d’italien que j’ai appris à Eleni qui, étant grecque, m’a entendu les répéter maintes fois sans comprendre leur signification. Un jour elle m’a demandé : « Mais pourquoi tu répètes tout le temps ça ? » (rires)

Dans l’album, on tombe aussi sur le titre « People Of The Abyss » — « les gens de l’abîme ». C’est ainsi que Jack London avait surnommé les habitants de l’East End, à Londres, dans l’Angleterre victorienne — l’époque et le quartier de Jack l’Éventreur. Est-ce que ce sont bien les références de cette chanson ?

Mia : Dans mon groupe précédent, j’ai enregistré un album-concept qui tournait autour du thème de l’Éventreur [1888 From Hell de The True Endless, 2008 — NdR]. Ici, l’expression « les gens de l’abîme » est à prendre dans un sens plus large, elle rassemble toutes les personnes complètement marginalisées : comme tu dis, au 19ème siècle, il y avait toute une population à Londres qui vivait dans une pauvreté infinie, notamment dans l’East End. Et aujourd’hui, au Brésil, on trouve beaucoup de gens qui survivent dans le même dénuement, dans les favelas. Des conditions de vie extrêmes, le « fond de l’abîme ».

Une autre chanson m’a particulièrement frappé : Kings Of Domination, les paroles dans le livret de l’album étant accompagnées de l’adresse d’une vidéo documentaire sur YouTube tournée dans un abattoir au Mexique — des images terribles d’animaux mis à mort à la chaîne et sans aucune considération… La lutte contre l’exploitation animale fait-elle partie des combats auxquels Nervosa tient à apporter sa voix ?

Mia : La lutte contre l’exploitation en général, qui s’attaque aux plus faibles. Si tu jettes un œil à l’artwork de l’album, tu vois la Mort qui avance en laissant derrière elle un paysage de destruction. Cette image symbolise la civilisation actuelle car cette figure funeste ne représente rien d’autre que nous-mêmes, les êtres humains : à force d’abuser de tout et de tout le monde — de la planète, des personnes, de la nature, des animaux… —, nous allons finir par apporter le chaos et provoquer l’effondrement du monde tel qu’on le connaît. Toutes les calamités qui nous affligent aujourd’hui, les guerres, la COVID, etc. sont des plaies que nous nous sommes infligées à nous-mêmes.

Diva : En ce qui me concerne, je me sens très proche des paroles de Until The Very End : c’est une chanson qui aborde le thème du suicide, un sujet qui me touche beaucoup car il est en lien étroit avec ma profession au quotidien [Diva est infirmière en psychiatrie — NdR]. Je rencontre beaucoup de gens contraints de se débattre avec des problèmes sévères en termes de santé mentale. Et je me dis que la musique, qu’une chanson peut aider certains à aller mieux…

Mia Wallace avec Kirlian Camera

Peut-être aimeriez-vous dire quelques mots sur l’actualité de vos autres groupes ? Mia, tu es depuis deux ans la bassiste de Kirlian Camera, qui va aussi bientôt sortir un album, Cold Pills. Dans un style musical tout à fait différent de celui de Nervosa…

Mia : Oui, tout à fait différent ! Mes goûts musicaux sont très éclectiques, par exemple j’aime beaucoup la new wave, et Kirlian Camera se rattache à ce courant musical, avec des sonorités électroniques en plus. Dans le genre, le groupe est devenu une référence incontournable en Italie, depuis les années 1980. Kirlian Camera a été créé par Angelo Bergamini et le groupe a collectionné les disques d’or, les disques de platine…  Ils ont aussi travaillé plusieurs fois en collaboration avec Vangelis. Ce sont des gens avec énormément de fantaisie et d’imagination, aussi bien Angelo que la chanteuse et coproductrice du groupe, Elena Alice Fossi. Ils ont une façon de penser très originale, ils sont indifférents aux modes… Dans les chansons de Cold Pills, on a abordé des thèmes qui nous rassemblent tous, au sein du groupe. Je ne peux pas encore trop en parler parce que l’album n’est pas encore sorti et on tient à préserver l’effet de surprise auprès des fans. Tout ce que je peux dire, c’est que Cold Pills va proposer comme un voyage à l’intérieur de nos cerveaux de musiciens…

Quant à toi, Diva, tu es depuis 2014 la chanteuse de Bloodhunter…

Diva : Oui, c’est mon tout premier groupe. Tout ce que je sais de la musique, de la scène, je l’ai appris avec eux. Nous faisons du death metal mélodique, nous avons sorti deux albums et on espère pouvoir bientôt enregistrer le troisième, malgré la situation de crise sanitaire. Ça n’a pas été simple, cette année, de pouvoir se retrouver pour travailler tous ensemble, alors on croise les doigts pour 2021… Et pour rebondir sur ce que disait Mia à l’instant à propos de Kirlian Camera, je trouve ça formidable que des musiciens soient capables de jouer dans plusieurs registres très différents. Il faut être sacrément doué pour ça, et c’est ce que fait Mia. Je ne connaissais pas Kirlian Camera avant de la rencontrer, c’est un excellent groupe et, une fois encore, je suis soufflée de voir avec quelle facilité Mia peut s’adapter à des styles si différents ! Eleni aussi en est capable avec son autre groupe, Mask Of Prospero.

J’en arrive à une question rituelle, que je pose toujours aux musiciens en interview. Quel est le dernier album que vous ayez découvert ?

Diva : Je crois bien que c’est Alphaville d’Imperial Triumphant, un groupe de New York. Il m’a vraiment surprise. C’est un mélange très original de metal, de jazz, de sonorités atmosphériques.

Mia : Le dernier album que j’ai découvert… Ce n’est pas un album très récent, c’est celui d’un groupe qui s’appelle FM-84. Ils font de la rétro-wave, c’est-à-dire qu’on retrouve dans leur musique toutes les caractéristiques de l’électro des années 1980, mais revisitée de façon moderne. Une révélation, en ce qui me concerne.

Diva Satanica avec Bloodhunter

Et quel est le dernier album que vous ayez adoré, de la première à la dernière note ?

Diva : Houlà, voilà une question difficile… (temps de réflexion) Omni, un album du groupe Angra, de 2018. J’aime beaucoup la voix du chanteur, Fabio Lione, et l’album propose un mélange de styles assez bluffant, qui renvoie à ce que le groupe a fait par le passé tout en introduisant des éléments symphoniques.

Mia : Si je réponds à cette question, je risque de me créer des inimitiés parmi mes collègues black-metalleux (rires) ! Mais j’ose quand même : si je dois nommer un album que je peux écouter non-stop, c’est sans hésiter Perdition City d’Ulver. Un album qui est sorti en 2000. Ulver, c’est un groupe norvégien qui faisait du black metal sans compromis, avec des guitares stridentes, et avec Perdition City ils sont passés à tout autre chose, à une sorte de trip-hop expérimental. Et comme dans leurs autres albums, on y entend le chant stupéfiant de Garm, une des plus belles voix du panorama musical. C’est un album qui a divisé leur public, on l’aime ou le déteste, et je fais partie de ceux qui ont adoré !

Nous arrivons en 2021… Que peut-on vous souhaiter pour la nouvelle année, à vous personnellement comme à Nervosa ?

Diva : Mon premier souhait ? Connaître un retour à la normale, bien sûr, et pouvoir retourner chanter sur scène.

Mia : Oui, tenir bon, comme tout le monde, pour arriver à vaincre cette plaie qui nous paralyse depuis des mois et empêche les musiciens de jouer devant le public. La scène, c’est un besoin fondamental pour nous.

Propos recueillis en décembre 2020.

Remerciements à Magali Besson (Sounds Like Hell Productions) et Sarah Weber (Napalm Records).

Sortie de l’album Perpetual Chaos le 22 janvier 2021.

Site officiel du groupe