Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois: premièrement, ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel un Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais, à Paris jusqu’aux portes de l’Andalousie.

Adapté du roman éponyme, Jack et la Mécanique du Cœur est, comme on pouvait le craindre, un film d’animation assez mal ciblé. Malheureusement, le film s’oublie très vite.

On peut difficilement faire l’effort de passer outre le mauvais doublage, les membres de Dionysos n’étant déjà pas des acteurs et donc encore moins des doubleurs. Seul Jean Rochefort en Méliès est agréable à entendre. Même Olivia Ruiz et sa petite voix chantante ne parvient pas à nous séduire. Et quand Grand Corps Malade ouvre la bouche en Joe, on sort complètement du film. Bref, la petite troupe de Dionysos est certainement agréable pour certains, mais la fausse modestie et la « boboitude » des chansons devient vite exécrable ! De plus, certaines chansons ou scènes ne sont pas adaptées au jeune public. La cible est finalement bâtarde, car la niaiserie du scénario endort le public plus averti.

Très vite, on se rend compte que Jack est le personnage le moins intéressant de toute l’histoire. Pire, son égoïsme poussé à l’extrême en fait un personnage plus ou moins détestable.

On regrettera le manque de présence de Madeleine, personnage le plus attachant de l’histoire qui à elle seule survole bon nombre de thèmes (l’avortement, la prostitution, la stérilité…) qui auraient mérité d’être plus développés quitte à proposer un film plus adulte.

La présence de Méliès dans la seconde moitié du film permet quelques séquences drôles et poétiques. Cependant, l’incroyable mélange des genres perd le spectateur: merveilleux et féerie, époque victorienne, Andalousie, western, steampunk…À force de vouloir nous éblouir, on ressent un manque de fond assez flagrant.

La fin est plus que décevante et propose un message très étrange aux enfants. L’évolution de Jack est inexistante et sa réaction face à Miss Acacia est un cruel manque de finesse.

Si la première partie est vite expédiée alors qu’elle est la plus captivante, la suite du film traîne en longueur avec un ensemble de séquences sans cohérence ne tenant en haleine le spectateur que par la force du visuel.

Car, voilà où réside la seule qualité du film. La réalisation et l’esthétique sont bluffantes. On ne peut pas reprocher au film sa direction artistique avec un incroyable travail sur les graphismes, réalisés par Nicoletta Ceccoli. Décors, lumières, costumes, ambiances; tout y est!

La 3D est de qualité et les personnages gracieux; on se demande juste pourquoi leur visage est recouvert de paillettes…

Lorsqu’on a compris que le visuel allait nous épater, il ne reste plus rien de Jack et la Mécanique du Cœur. L’histoire est ennuyeuse et le scénario mal construit, le doublage n’est pas bon et la musique est en désaccord total avec les différentes ambiances proposées.

CONCLUSION

Tellement dommage de voir une telle histoire bâclée; un tel univers onirique non maîtrisé! Jack et la Mécanique du Cœur est une belle déception, malgré la réalisation soignée et enchanteresse qui prouve la qualité des artistes de l’animation et de l’illustration que nous possédons.