Octobre 2004. Nous sommes dans une de ces légendes, où vous, figé derrière votre écran de télévision, êtes le héros. Nous sommes dans une de ses histoires tragiques, ou un rien peut tout faire basculer. Dans une fable, ou vos faits et gestes sont lourds de conséquences sur votre futur. Bienvenue au coeur d'un des jeux vidéos les plus ambitieux et novateur de sa génération : Fable.
Peter Molyneux fait partie de ces personnes qui ne cesseront jamais de nous étonner. En effet, il est à l'origine de nombreux must-have de l'histoire du jeu vidéo ! En 1989 il imagine Populous, un jeu de stratégie sociale, qui fut son premier grand succès. S'en suivent Theme Park ou encore Black and White, des titres qui résonneront dans nos souvenirs de joueurs encore longtemps. Molyneux est un créateur. Un créateur de concept. A lui tout seul il impose un nouveau genre : le God Game. Le principe est simple, le joueur est aux commandes d'un dieu et a le pouvoir de modifier à volonté la destiné d'une société, ou d'un personnage. C'est le cas ici dans Fable.

C'est en 2004 que nous parviennent les premiers artworks de Fable. Peter Molynieux en est convaincu, Fable révolutionnera à tout jamais l'histoire du Jeu Vidéo. Il annonce à la presse spécialisée par le biais d'interviews et autres vidéos :
- Aucun temps de chargement
- WorldMap de la taille de l'Angleterre
- Marcher sur une graine empêche un arbre de pousser
- Possibilité de faire des enfants
- Vieillissement en temps réel
- ...
Aussitôt la presse s'affole, les joueurs pensent enfin passer le cap de la "Next Gen"... Sauf que nous sommes en 2004. Rétrospéctive.
A cette époque, le marché des consoles de jeux est largement dominé par Sony et sa Playstation 2, alors que Nintendo tente bien que mal de faire grimper les ventes de sa GameCube. Microsoft à du mal à faire décoller les chiffres de sa Xbox au Japon, la console est trop grosse, le pad lui énorme. Les capacités techniques des machines ont bien entendu fait un bon en avant, la Playstation 2 et la Xbox sur le même piédestal avec un léger avantage pour Microsoft, laissant derrière eux Nintendo, dont la console n'est pas à même de concurrencer, sur le papier, ses rivales. Pour autant, un jeu tel que Fable n'aurait jamais pu voir le jour en vue des caractèristiques, bien qu'impressionnantes, des consoles actuelles du marché. Peter a vu grand. Très grand. Et très vite l'équipe de LionHead (Développeurs de Fable) sont contraints d'alléger le jeu. De nombreuses possibilités disparaissent, la wordmap se rétrécie, et Fable donne l'impression d'être baclé compte tenu de toutes les promesses faites auparavant.
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Quoi qu'il en soit, le 8 octobre 2004, Fable se dévoile enfin au monde entier sur Xbox. Malgré la cure d'amincissement qui a précédé sa sortie, Fable est beau, passionnant, agréable à jouer, le tout repose sur un scénario bien ficelé et une réalisation graphique époustoufflante pour l'époque. Les joueurs sont conquis et les promesses non tenues de Peter Molynieux se font petit à petit oublier, laissant place au principe même de Fable : construisez votre histoire. Vous vous sentez l'âme d'un vaillant guerrier, la main toujours tendu vers son prochain et au service du bien ? Allez donc aider le fermier du village à chasser les bandits qui rodent dans sa ferme, ne répétez à personne que la voisine flirt avec le voisin et vous serez aimé. A contrario, si vous vous sentez plus à l'aise dans les bottes du vilain, de l'horrible monstre sanguinaire que tout le monde craint, ne vous gênez pas d'assassiner quelques villageois ou de faire équipe avec les bandits !
Fable respecte au moins une de ses promesses, sans doute la plus intéressante : soyez qui vous voulez !
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